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Grosjean, Jean: Trial Desert (Désert à l’essai in English)

Portre of Grosjean, Jean

Désert à l’essai (French)

Il s’est éloigné des villages. Vers le soir il a atteint le désert, il s’y est enfoncé. Il s’est livré au mutisme de l’espace. Il n’a guère dormi. Les constellations tournaient lentes. Puis toutes les veilleuses du ciel se sont éteintes dans la pâleur de l’aube.
Adossé à une pierre froide il a regardé naître la lumière. Il a senti monter une tiédeur, puis sourdement la fièvre. Ne pas manger.
La chaleur qui gagne. Les yeux offensés par l’éclat du jour. Il faut des creux d’ombre pour survivre, et changer de place suivant l’heure.
Jusqu’à ce que le soleil se fiche vibrant comme une flèche dans le zénith. L’azur blessé à mort. Le chaos du sol prêt à tomber dans le puits d’en haut et l’âme dans l’inconscience.
Que d’instants à l’attache. Mais rien de changeant comme eux. Le scorpion sous la roche. Un souffle avec ses pieds de poussière ou une lapidation de sable.
Et le soleil lassé lui-même. Désarmée de rayons sa braise encore en suspens, puis tombée d’un coup.
Alors la nuit de nouveau avec sa froidure sous un ciel de pierreries tremblantes et le sillage des météorites.
L’insomnie jusqu’au petit matin, jusqu’à l’abîme d’un sommeil sans rêve et ne revenir à soi qu’au plein jour.
Devant moi l’étendue de l’avenir. Derrière moi infranchissables les parois du passé. Fermer les yeux. T’attendre.
Le silence. Ou presque. Ton pas est pourtant léger.



Uploaded byP. T.
Source of the quotationhttp://irc.sunchat.hu/vers/

Trial Desert (English)

He had left the villages far behind. Toward evening he reached the desert, he went deep into it. He gave himself over to the stubborn silence of space. He scarcely slept. The constellations revolved slowly. Then all the night lights of the sky went out in the pallor of dawn.
Leaning against a cold stone, he saw the light being born. He felt a warmth rising, then, underneath it, fever. Do not eat.
Heat is taking over. The blaze of day hurts the eyes. Only in hollows of shadow can you survive, finding another as the light shifts.
Until, quivering like an arrow, the sun has stabbed the zenith. The sky fatally wounded. The chaos of the ground about to fall into the well above and the soul into unconsciousness.
So many instants one after another. Nothing is as changeable as they. The scorpion under the rock. A breath of wind’s feet of dust or stoning by sand.
And even the sun is tired. Stripped of its rays, its embers still suspended, then suddenly fallen.
Then night again with its chill under a sky of trembling jewels and the wake of meteorites.
Sleeplessness until the first light of dawn, until the abyss of a dreamless sleep, absent from oneself until broad daylight.
Before me stretches the future. Behind me, unscalable, the walls of the past. Closing my eyes. Waiting for you.
Silence. Or almost. But your step is very light.

 
     Patricia Terry and



Uploaded byP. T.
Source of the quotationhttp://www.scribd.com

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