Ez az oldal sütiket használ

A portál felületén sütiket (cookies) használ, vagyis a rendszer adatokat tárol az Ön böngészőjében. A sütik személyek azonosítására nem alkalmasak, szolgáltatásaink biztosításához szükségesek. Az oldal használatával Ön beleegyezik a sütik használatába.

Hírek

Saïd, Amina: Paths of Light (Sentiers de lumière (extraits) Angol nyelven)

Saïd, Amina portréja

Sentiers de lumière (extraits) (Francia)

j’ai dormi trois siècles sur un lit de rochers

j’ai vu des choses oubliées des hommes

j’ai mesuré la distance qui sépare le ciel de la terre

j’ai lu les lignes de la main j’ai rendu les oracles

une voix qui n’était pas la mienne a parlé par ma bouche

j’ai disparu dans une ville elle-même disparue

des cavaliers en armes ont envahi nos plaines

nous sommes restés dans l’attente d’autres barbares

la mer s’est retirée des portes de ma ville

je me suis concilié les fleuves de la terre

j’ai orné le jour du tatouage de mes rêves

mon visage a vu mon autre visage

je n’ai pas entendu la voix qui m’appelait

la main qui me cherchait ne m’a pas trouvée

je suis née plusieurs fois de chaque étoile

je suis morte autant de fois du soleil des jours

j’ai pris très tôt des bateaux pour nulle part

j’ai demandé une chambre dans la patrie des autres

je n’avais rien accompli avant nos adieux

j’ai habité le couchant le levant et l’espace du vent

j’étais cette étrangère qu’accompagnait le soir

deux fois étrangère entre nord et sud

j’ai gravé des oiseaux tristes sur des pierres grises

j’ai dessiné ces pierres et les ai habitées

j’ai construit des radeaux où il n’y avait pas d’océans

j’ai dressé des tentes où n’étaient nuls déserts

des caravanes m’ont conduite vers un rêve d’orient

mes calligraphies ont voyagé sur le dos des nuages

je me suis souvenue de la neige des amandiers

j’ai suivi la route aérienne des oiseaux

jusqu’au mont de la lune aux duvets des naissances

j’ai appris et oublié toutes les langues de la terre

j’ai fait un grand feu de toutes les patries

j’ai bu quelques soirs au flacon de l’oubli

j’ai cherché mon étoile dans le lit des étoiles

j’ai gardé ton amour au creux de ma paume

j’ai tissé un tapis avec la laine du souvenir

j’ai déplié le monde sous l’arche des commencements

j’ai pansé les plaies du crépuscule

j’ai mis en gerbes mes saisons pour les o√rir à la vie

j’ai compté les arbres qui me séparent de toi

nous étions deux sur cette terre nous voilà seuls

j’ai serré une ceinture de mots autour de ma taille

j’ai recouvert d’un linceul l’illusion des miroirs

j’ai cultivé le silence comme une plante rare

lueur après lueur j’ai déchiffré la nuit

la mort un temps m’a courtisée

. . .

j’ai fait mes premiers pas dans le limon des fleuves

on m’a ensablée vive sous un amas de dunes

on a obstrué la caverne—que mon sommeil s’éternise

on a exilé mon corps à l’intérieur de mon corps

on a e√acé mon nom de tous les registres

jusqu’aux épousailles des deux rives

j’ai porté en moi le vide comme la bouche d’un noyé

décembre a disparu derrière l’horizon

j’ai appelé—seul le silence était attentif

j’ai vu les siècles s’égarer jusqu’à nous

le grenadier refleurissait entre les stèles

ma ville changeait de maîtres comme de parure

ma terre : un nuage en marge du levant

pourquoi chercher un lieu quand nous sommes le lieu

mon ombre a gravi un long chemin jusqu’à moi

un jour je suis entrée dans la maison de la langue

j’ai niché deux oiseaux à la place de coeur

j’ai traversé le miroir du poème et il m’a traversée

je me suis fiée à l’éclair de la parole

j’ai déposé un amour insoumis dans le printemps des arbres

et délivré mes mains pour que s’envolent les colombes



FeltöltőP. T.
Az idézet forrásahttp://www.scribd.com

Paths of Light (Angol)

I’ve slept three centuries on a bed of rocks

I’ve seen things men have forgotten

I’ve measured the distance between sky and earth

I’ve read the lines on a hand I’ve delivered oracles

a voice not mine has spoken by my mouth

I’ve disappeared in a town itself disappeared

armed horsemen have invaded our plains

we remained awaiting more barbarians

the sea has withdrawn from the doors of my town

I’ve reconciled myself to the streams of the earth

I’ve decorated the day with the tattoos of my dreams

my face has seen my other face

I’ve not heard the voice calling me

the hand seeking me hasn’t found me

I’ve been born several times from each star

I’ve died as often from the sun of days

I’ve taken early boats to nowhere

I’ve asked for a room in another’s homeland

I’d accomplished nothing before our farewells

I’ve lived in the sunset the sunrise and the space of winds

I was this stranger accompanied by the evening

twice a stranger between north and south

I’ve engraved sad birds on gray stones

I’ve drawn these stones and lived in them

I’ve constructed rafts where there were no oceans

I’ve raised tents where there were no deserts

caravans have led me toward an eastern dream

my calligraphies have traveled on the back of clouds

I remembered the snow of almond trees

I’ve followed the airy path of birds

up to the lunar mount at the eiderdowns of births

I’ve learned and forgotten all the languages of earth

I’ve made a great fire of all homelands

I’ve drunk on some evenings at the flask of forgetting

I’ve sought my star in the bed of stars

I’ve kept your love in the hollow of my palm

I’ve woven a carpet with the wool of memory

I’ve unfolded the world under the arch of beginnings

I’ve bandaged the twilight’s wounds

I’ve put my seasons in sheaves to o√er them to life

I’ve counted the trees separating you from me

we were two on this earth we there alone

I have tightened a word belt around my waist

covered with a winding sheet the illusion of mirrors

cultivated silence like a rare plant

gleam after gleam I have deciphered the night

death has courted me for a time

. . .

I took my first steps in the river loam

they buried me living under a heap of sand

they closed off the cave—that my sleep makes eternal

they exiled my body inside my own body

they struck my name from all the records

until the wedding of the two banks

I’ve borne a gap in myself like a drowned man’s mouth

December has disappeared behind the horizon

I’ve called—only silence paid any heed

I’ve seen the centuries lost before ours

the pomegranate tree reflowered among the tombstones

my town was changing leaders and my earth

its ornament: a cloud at the side of the sunrise

why seek a place when we are the place

my shadow has climbed a long path toward me

one day I entered the house of language

I’ve set two birds in the place of my heart

I’ve crossed the mirror of the poem and it has crossed me

I’ve entrusted myself to the flash of the word

I’ve set down a rebellious love in the springtime of trees

and freed my hands so the doves would fly off



FeltöltőP. T.
Az idézet forrásahttp://www.scribd.com

minimap